Solitudes

Je trouve quelque ressemblance aux sorts faits à ces deux femmes, Eurydice (ou plutôt l’ombre d’Eurydice) et Déidamie, par les hommes qui les ont aimées.

Le dictionnaire, pourtant dit « encyclopédique », que je viens de consulter afin de proposer, avant le poème « Solitudes », un bref résumé de l’histoire de chacune, ignore le nom de Déidamie et, pour celui d’Eurydice, indique seulement : « voir Orphée« …

Déidamie :
Elle était fille de Lycomède, roi de l’île de Skyros.
Achille, déguisé en femme par sa mère Thétis (qui avait eu connaissance de l’oracle selon lequel son fils serait tué à la guerre de Troie), fut dissimulé sous le nom de Pyrrha parmi les jeunes filles du gynécée de Lycomède. Il profita de cette situation pour séduire Déidamie (qui devint plus tard, de leur union, mère de Néoptolème -ou Pyrrhos). Ulysse, qui avait deviné la cachette d’Achille, eut recours à la ruse suivante pour le confondre : il se fit passer pour un colporteur et présenta aux femmes de la cour de Skyros divers objets (peignes, bijoux, étoffes, colifichets…) parmi lesquels il disposa quelques armes. Quand les compagnons d’Ulysse, au signal convenu, firent sonner les trompettes et crier une alerte imaginaire, Achille bondit sur les armes et fut ainsi découvert.

Eurydice :
Elle mourut le jour même de ses noces avec Orphée, mordue par une vipère. Mais celui-ci entreprit d’aller la chercher dans les Enfers. Musicien d’un talent incomparable, il séduisit de ses chants et de sa lyre le chien Cerbère et les Furies, puis émut tellement Perséphone et Hadès qu’il obtint la faveur de ramener Eurydice à la lumière de la vie. Une seule condition lui fut imposée : il ne devrait pas se retourner pour regarder celle qu’il ressuscitait avant qu’ils eussent atteint tous deux le jour.
Quand il sentit sur lui les rayons du soleil, Orphée, impatient, se retourna. Las ! il n’avait pas pris garde qu’Eurydice était encore dans l’ombre. Elle glissa pour toujours dans le royaume des ténèbres.

 

Solitudes

Pleurez, Eurydice, et vous, Déidamie.
Mais qui donc a chanté vos larmes ?

- Il était dans le soleil, Eurydice. Et il a ignoré l’ombre. Il a ignoré ton ombre !

- Déidamie, c’est qu’il s’est cru dans la bataille. Il n’avait plus souci de la vie. Il n’a pas eu souci de la vie qui venait dans ton ventre !

Mais qui donc a chanté vos larmes ?

- Pourtant, Déidamie, il était doux comme un moment de lyre, comme l’or tiède du soleil sur l’ouvrage que tu brodais en attendant le crépuscule, doux comme les draps du lit dans les effluves du romarin, et plus que le sourire avisé d’une soeur…

- Dire, Eurydice, qu’il avait suivi pour toi cet inconcevable chemin de ténèbres, la longue nuit incertaine angoissée du soupçon lancinant de possibles âmes, dire qu’il avait accepté pour toi tant d’accablements quand il errait, obstiné, parmi les formes indicibles…

Mais qui donc a chanté vos larmes ?

- Tu n’étais pas selon son désir…
- Tu vivais de vie différente…
- Hélas ! vous étiez autres…

Pleurez, Eurydice, et vous, Déidamie.

Voici qu’Orphée s’en va dans la lumière !
Voici qu’Achille a pris les armes !

1 Réponse à “Solitudes”


  • Bonjour Michel,
    Merci d’être passé sur mon blog, j’apprécie beaucoup la Grèce c’est un pays où j’aimerais bien aller, peut-être à la retraite !! Ces quelques photos sur votre blog me donnent un avant gout de rêverie ! Mais en vous lisant je crois que j’ai besoin d’une révision générale d’histoire !!
    Je vous souhaite une bonne journée
    Au plaisir de vous lire
    Amicalement
    Danièle

    Dernière publication sur Rêves éveillés : Elle et moi

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