Créuse

Le poème qui suit m’a été inspiré par l’histoire malheureuse de Créuse, qui fut violée par Apollon.
Phoibos Apollon est dieu de la lumière (aucune ombre ne demeure en lui) et de la vérité (jamais un mensonge ne sort de ses lèvres). Il rend ses oracles à Delphes et fait donner ses réponses aux pèlerins qui le consultent par sa prêtresse la Pythonisse (ou Pythie).
Créuse, à peine sortie de l’enfance, subit la violence d’Apollon, qui l’abandonne après l’étreinte. De cette union elle a un fils qu’elle met au monde en secret et, comme en tant que fille mère elle risque la mort, elle laisse l’enfant dans la grotte où le dieu l’a prise. Plus tard, saisie de remords, elle retourne à la grotte ; l’enfant a disparu.
Elle se marie ensuite avec Xuthos. Le couple n’obtenant pas d’enfant, Xuthos se rend avec elle en pèlerinage à Delphes pour entendre l’oracle. Ils y sont accueillis par un jeune garçon qui garde le temple. Or il s’agit en fait de Ion, le fils d’Apollon et de Créuse, que le dieu a recueilli et confié à la Pythonisse.
Créuse veut crier la vérité : l’outrage qu’elle a subi et le malheur d’avoir dû abandonner son enfant. Elle y renonce sur les conseils de Ion, qui lui objecte qu’elle ne peut crier la scélératesse d’Apollon sur son propre autel.
Le dieu, consulté par Xuthos, lui donne Ion pour fils. Créuse, furieuse, s’imagine qu’il veut lui faire adopter l’enfant naturel de son mari. A ce moment la Pythonisse montre les langes qui enveloppaient Ion à sa naissance. Créuse les reconnaît pour ceux de son fils. Mais elle doute encore.
Apollon fait alors savoir à Créuse, par une apparition lumineuse de la déesse Pallas Athena, que Ion est bien leur enfant et que désormais il règnera sur Athènes. 

Phoibos Apollon a donc réparé ses torts. Mais quels sentiments Créuse, ignorée de lui si longtemps, éprouve-t-elle après coup ?

Créuse

Et son fils désormais règnerait sur Athènes…
Mais Créuse suivait un chemin d’ombre :

« Lui, il n’a qu’à resplendir,
Orgueilleux, superbe.
Il est lumière et vérité
Et nul mensonge n’a jamais souillé ses lèvres.

Je hais cette lumière ; je ne regarde plus le ciel.

Il est lumière et vérité.
C’est si beau la lumière
Dont s’aveuglent les hommes !

Je hais cette lumière ; je ne regarde plus le ciel.

C’est pur, c’est blanc, blanc comme le silence.
Et ton silence impitoyable,
Apollon,
M’a brûlée pendant quinze ans !

Je hais cette lumière ; je ne regarde plus le ciel.

Et ton silence impitoyable
A gardé la splendeur de ta lumière intègre.
O Phoibos ! je ne t’ai pas entendu,
Ni non plus les cris de la Pythonisse,
J’ai seulement perçu la gloire d’Athéna…
C’est tellement commode, une entremise,
Quand la vérité cesse avec le premier mot !

Je hais toute lumière.
Je ne crois plus au ciel. »

 

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