HAITI


Il faut la dire.
Et je ne peux pas, je ne sais pas la dire, cette grande souffrance, cette terrible misère.
Elle est trop loin d’ici, elle est trop vraie pour des images que nos écrans n’oseraient pas transmettre.
Risquer ma parole, ce serait trahir.
Pourtant, il FAUT la dire.
Je donne donc à entendre les mots du poète guadeloupéen Ernest Pépin, qui prennent justement la mesure immense du désastre, et qui portent cependant les accents inaltérables de l’espoir  (je les trouve sur ce blog, où vous pourrez vous rendre :
http://mijak.over-blog.fr/ ) : 

« Les voiles de la mort sont apparues. Pays brisé, enseveli sous les décombres d’un cauchemar. Et les rues que l’on voit comme des fantômes hurlent sous le masque des jours.
      Haïti ! Haïti ! Au visage de cendre, au ciel couvert de sang, prie d’une voix somnambule.
      Il y a une nièce, une sœur, un père dont l’absence nous hèle. Ils habitent l’invisible dans un décor de mouches.
      Il y a ceux qui dorment debout ou à même les trottoirs. Leurs yeux calcinés refusent de se fermer.
      Il y a ceux qui portent sur leur tête le désespoir dans une valise.
      Haïti s’agenouille auprès des immeubles décomposés, des corps tuméfiés, et toute la ville marche d’un pas de fossoyeurs.
      Désastre qu’on emporte dans des draps de fortune. Désastre d’entrailles quand la vie s’évapore dans un regard d’eau morte. La mule du malheur court toujours comme une femme folle.
      Nous sommes, avec vous, hommes de boues sèches et femmes que le silence déchire.
      Nous sommes, avec vous, enfants de malemort quand le pays s’en va, de secousses en secousses, dévorer les enfances.
      Nous sommes avec vous et nous disons pour vous une parole bienveillante.
      Parole déshabillée où seule règne une larme
      Vous êtes toutes nos guerres et c’est notre sang qu’un cimetière allume comme un cierge.
      Vous êtes l’ombre couchée de nos oublis d’antan. Les éclats de nos silences d’antan.
      Des siècles ont crié meurtris de tant de cris et l’arbre s’est nourri du silence des oiseaux.
      Mais la terre demeure
      Haïti n’est pas mort sous ses paupières de nuit
      Haïti ne mourra pas trop de poètes l’ont créé
      Nous donnons leur nom à demain, au petit jour des mots, à la griffe de l’espoir, au petit peuple faiseur de miracles
      Haïti soleil des carrefours et qui va son chemin de lumière convulsée, d’imprévisible survie parmi les cimetières et la graphie des vents
      Haïti ne mourra pas
      Nous lui tendons les mains pleines d’ancêtres-frères et nous pleurons parce qu’il faut pleurer mais nous écrivons sur tous les murs tombés pour que renaisse l’enfant vieille de trois jours sans nom :
      HAÏTI NE MOURRA PAS ! »
 

Ernest Pépin
Faugas, le 16 janvier 2010

4 Réponses à “HAITI”


  • Bonjour Michel,
    Quelle tristesse et quelle désolation pour ce pays qui n’avait pas besoin d’une telle catastrophe, et où la population avait déjà bien du mal à faire face, à vivre dans la pauvreté. Et toutes ces personnes ensevelies sous les décombres et qui se sont vues mourir, enterrées vivantes. Sommes si petits et impuissants face aux caprices de la nature et de notre planète. Ne pouvait-on pas prévoir cette catastrophe et alerter la population ? Cette population qui se trouve dans la famine où chacun se bat pour survivre. Comment un pays aussi pauvre peut se reconstruire ? La vie est parfois bien injuste.
    Merci à vous pour avoir écrit cet article, de penser à tous ces gens, ce pays, si durement touché.
    Avec toute mon amitié
    Danièle

    Dernière publication sur Rêves éveillés : Elle et moi

  • Merci, Danièle, de l’intérêt que vous portez à la cause d’Haïti.
    Merci aussi de votre visite.
    A bientôt.
    Très amicalement.
    Michel.

  • et bien depuis que je connais etoile de lys j’ en découvre encore
    bonsoir cher Musicien
    bravo pour la mise en chanson et musique du texte de dany
    je ne vous connaissais point
    ce soir je découvre votre dernier texte
    fleurs si bien décrites avec force rare il faut l’ avouer!
    et puis haiti n’ est pas mort sous ses paupières de nuit
    superbe texte
    vous êtes un peu comme un ami P godard
    il est toujours aussi impertinent
    aussi vrai
    dans le ton dans les mots bravo a vous je reviendrais
    défendons les artistes
    vive la musique les mots!!!
    bonne fin de semaine lorette

  • Merci, Lorette, de votre gentil commentaire, qui me fait vraiment plaisir (même si le terme de « bricoleur », ou celui de « rapetasseur », me paraîtraient plus adaptés, s’agissant de moi, que celui d’ »artiste »).
    J’ai jeté un trop rapide coup d’oeil sur votre joli blog ; je me promets de m’y attarder davantage dans 8 à 10 jours, quand j’en aurai fini avec pas mal d’obligations qui vont me tenir, pendant cette période, loin de mon ordinateur.
    A bientôt donc, chez vous.
    Michel

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